Les 30 premiers jours d’une collaboration OBM : comment bien démarrer avec ton client ?

Ça y est, tu as signé ton premier client comme Online Business Manager / Duopreneur. Félicitations ! 🎉

Lundi, tu commences ta première mission d’OBM.

Et là, forcément, tu commences à imaginer tout ce que tu aimerais faire : rencontrer l’équipe, regarder les process, demander les chiffres, comprendre les offres, fouiller un peu dans Notion, faire un audit… Et assez vite, tu peux te retrouver avec une liste longue comme le bras de choses à regarder dès le premier jour.

Sauf qu’il y a un petit détail : tu interviens de manière fractionnée chez ce client.

Peut-être que, dans ton devis et dans l’organisation que tu as prévue, tu as estimé que cette collaboration représenterait environ 4 jours de travail par mois. Et je le précise si tu découvres le métier d’OBM depuis très récemment : il y a de fortes chances pour que ces 4 jours soient travaillés à distance, car c’est notre manière la plus courante d’intervenir.

Le démarrage de ta collaboration ne va donc pas consister à te présenter lundi à 9h à l’accueil de l’entreprise pour qu’on te montre ton nouveau bureau !

Reprenons donc le challenge qui t’attend : si tu as prévu de travailler 4 jours par mois pour ce client, cela signifie que tu disposes d’environ une journée de travail pour lui cette première semaine. Tu fais quoi de ces heures-là ?

C’est une vraie question, parce que le démarrage d’une collaboration, ce n’est pas le moment où tu vas montrer à ton client que tu es une super OBM en essayant de tout comprendre et de tout améliorer en quinze jours, quitte à y passer 4 jours par semaine au lieu d’un dès le démarrage.

Ton objectif pendant ce premier mois, c’est surtout d’arriver à comprendre suffisamment bien le business de ton client pour savoir où tu dois vraiment agir, dans quel ordre, et sur quoi il ne sert à rien de perdre du temps maintenant. ✨

Comment bien démarrer une collaboration en tant qu’OBM / Duopreneur ?

Évidemment, avant de commencer une collaboration, il y a plusieurs choses à cadrer avec ton client : ton périmètre d’intervention, les priorités, les accès aux différents logiciels, vos façons de communiquer ensemble, ton niveau d’autonomie, les premiers rendez-vous…

J’ai déjà consacré un article de blog (et une vidéo) à la conversation à avoir avec ton client pour bien démarrer une collaboration. Je t’invite à le consulter ici si tu souhaites approfondir cette étape.

Ce qui m’intéresse dans cet article, c’est vraiment ce qui se passe après cette discussion de démarrage.

Les premières semaines : observer avant de vouloir tout changer

Tu débutes ta collaboration et, assez rapidement, tu vas commencer à voir des choses. C’est normal, cela fait partie de tes compétences et de tes talents !

Imaginons qu’au bout d’une semaine, tu te rendes compte que l’espace Notion de ton client est un joyeux bazar, qu’il n’y a quasiment aucun process écrit, que deux réunions dans la semaine te paraissent franchement inutiles, qu’une personne de l’équipe sollicite le dirigeant en permanence, qu’il n’y a pas vraiment de dashboard et que l’onboarding des clients est encore très artisanal… Et je ne sais quoi encore !

Tu l’auras compris, il y a de quoi faire. Ce sont d’ailleurs des situations que l’on rencontre régulièrement dans les entreprises de nos clients.

Et le risque, surtout quand c’est ta première collaboration et que tu as envie de montrer que tu apportes beaucoup de valeur, c’est de commencer à vouloir corriger immédiatement tout ce que tu vois.

Sauf qu’à ce stade, tu ne sais pas encore forcément pourquoi les choses fonctionnent comme ça.

Tu peux par exemple regarder leur Notion, te dire qu’il est catastrophique par rapport à ta propre manière de t’organiser et passer six heures à tout remettre au propre, en être super contente et l’annoncer fièrement à ton client.

Mais trois jours plus tard, tu échanges avec l’équipe et tu découvres que la moitié des collaborateurs n’utilise quasiment jamais Notion, que les décisions importantes sont prises ailleurs et que le vrai problème, celui qui fait perdre du temps à tout le monde, c’est que toutes les validations remontent encore au dirigeant.

Résultat : tes six heures sont parties, et sur les dix que tu avais prévues cette semaine, il ne t’en reste plus que quatre.

Alors que si tu avais pris le temps d’avoir ces discussions au préalable, tu aurais peut-être identifié une autre manière d’organiser le travail de l’équipe et son utilisation de Notion. Et tu aurais ensuite pu intervenir sur l’outil, avec une vision beaucoup plus claire de ce qu’il fallait réellement améliorer.

C’est pour ça qu’au début d’une collaboration, il y a une vraie période où tu dois accepter d’observer et de comprendre avant de vouloir tout réorganiser. Et c’est aussi quelque chose que tu dois savoir expliquer à ton client.

Quand quelque chose te paraît dysfonctionnel, prends le temps de te poser quelques questions :

  • Depuis combien de temps est-ce que ça fonctionne comme ça ?
  • Pourquoi ce fonctionnement a-t-il été mis en place ?
  • Qui est réellement gêné par ce fonctionnement ?
  • À quelle fréquence le problème se présente-t-il ?
  • Quel impact a-t-il sur le quotidien de l’entreprise, du dirigeant, de l’équipe ou des clients ?

Et évidemment : est-ce que ce problème a un rapport avec la raison pour laquelle ton client t’a recrutée ?

Tu vas voir beaucoup de choses, mais tu ne vas pas pouvoir tout traiter en même temps. Tu dois donc veiller à respecter ton périmètre d’intervention et les priorités qui ont été définies avec ton client.

Apprendre à ne pas transformer chaque demande en nouvelle priorité

D’ailleurs, c’est probablement l’un des premiers changements de posture quand tu passes d’un rôle très opérationnel à un rôle d’OBM : tu dois arrêter de considérer que tout ce qui arrive devant toi doit devenir quelque chose à faire dans la journée.

Il y a de grandes chances pour que ton client soit tellement heureux d’avoir enfin une personne de confiance comme toi à ses côtés qu’il se décharge très rapidement de toutes ses idées, ses besoins, ses envies et de tous les sujets qu’il adorerait voir réglés dès demain.

Et l’équipe risque d’en faire autant ! Ça, c’est typique de nos clients, je te le dis ! 😉

Tu peux évidemment accueillir ces informations, les récupérer, les stocker et les organiser pour ne pas les perdre. Elles sont importantes et pourront certainement être utiles par la suite. Mais ça ne veut pas dire que tu dois immédiatement te jeter sur chaque sujet et le transformer en trois nouvelles priorités pour cette semaine.

💡 Rappelle-toi que cette journée de travail que tu as prévue pour ton client représente seulement quelques heures. Et au démarrage d’une collaboration, elles partent très vite.

C’est important que tu en sois consciente, mais aussi que tu ne culpabilises pas en te disant : “Je suis trop lente, je fais perdre du temps à mon client.” Ce discours-là, je ne veux pas l’entendre !

Prendre le temps de comprendre l’entreprise fait partie de ton travail. Ce n’est pas du temps perdu, et c’est important de l’expliquer à ton client. Cela peut même le rassurer sur la manière dont tu abordes ta mission.

D’ailleurs, rappelle-toi aussi que ton client n’est peut-être pas disponible dix heures par jour pour répondre à toutes tes questions ou faire avancer plusieurs sujets en une seule journée. Il est tout à fait possible que ce rythme fractionné, réparti sur plusieurs journées dans le mois, lui convienne parfaitement.

Au démarrage, tu vas avoir besoin de beaucoup de temps pour échanger avec lui, découvrir ses outils, sa documentation, sa manière de travailler et comprendre l’écosystème de son entreprise. Tu vas probablement rencontrer certaines personnes de l’équipe, commencer à regarder les chiffres, les offres, les projets en cours, le parcours client… Et en parallèle, tu vas aussi devoir avancer sur la première priorité pour laquelle tu as été recrutée, celle qui a donné lieu à ton accord avec le client.

Tout cela prend du temps. Et c’est justement pour cette raison que tu dois apprendre à prioriser.

Comment prioriser quand on travaille comme OBM / Duopreneur fractionnelle ?

Lorsque tu travailles comme OBM fractionnelle, tu n’es pas présente tous les jours dans l’entreprise, de 9h à 18h. Tu interviens sur un temps partagé, avec un volume de travail défini dans le cadre de ta collaboration.

Et souvent, tu ne vas finalement pas te demander ce que tu dois faire cette semaine, mais plutôt ce que tu décides volontairement de ne pas faire cette semaine.

Parce que si tu as vendu une journée et qu’en réalité tu en passes deux parce que tu veux tout lire, tout comprendre, préparer chaque réunion pendant deux heures et construire un magnifique espace Notion pour montrer que tu es parfaitement organisée, tu vas créer d’autres problèmes :

  • Tu vas habituer ton client à un niveau de production qui ne correspond pas au temps prévu dans votre collaboration (bien sûr, on veut toutes apporter un petit truc en plus pour créer un effet “wow” chez nos clients. Mais ce petit plus ne peut pas représenter quatre fois plus de temps de travail que ce que tu avais imaginé dans ton contrat !).
  • Tu vas complètement fausser ta propre perception de la charge de cette mission.
  • Tu vas avoir beaucoup de mal à tenir ce rythme pendant six mois.
  • Et ton entreprise risque de ne pas être rentable, tout simplement parce que tu ne pourras pas accueillir d’autres clients.

C’est aussi pour cette raison que je te conseille vraiment de tracker ton temps de travail au démarrage de tes collaborations (et d’une manière générale, je recommande de le faire tout au long de tes missions). Cela permet non seulement de mieux facturer, mais aussi de recueillir des informations précieuses sur ta manière de travailler et sur le temps que te prennent réellement les différentes missions afin que tu puisses ensuite mieux les valoriser dans tes prochains devis.

Concrètement, que dois-tu avoir accompli après 30 jours de collaboration en tant qu’OBM / Duopreneur ?

Au bout de trois ou quatre semaines, tu vas commencer à comprendre beaucoup mieux comment le business fonctionne réellement. Tu vas savoir :

  • qui fait quoi dans l’équipe,
  • comment ton client prend ses décisions,
  • où l’information circule,
  • quels sujets reviennent régulièrement,
  • sur quels dossiers ou quelles décisions le dirigeant reste encore beaucoup trop impliqué,
  • quels sont les process et les systèmes qui méritent vraiment ton attention,
  • et quelles sont les priorités des semaines suivantes.

Tu auras aussi commencé à installer ton propre fonctionnement dans l’entreprise : tes rendez-vous, ta manière de suivre les priorités, de faire circuler l’information et de remonter les sujets aux bonnes personnes. Peut-être que tu auras déjà utilisé ou installé les premiers outils de pilotage, si c’est pertinent pour ton client.

Mais est-ce que tu auras tout réglé 30 jours après le démarrage de la collaboration ? Évidemment que non. Et heureusement que non ! Parce que si au bout de 30 jours tu me dis que tu as refait tous les process, installé un CRM, optimisé le parcours client, revu les tunnels de vente, réorganisé tous les outils, changé le format des réunions, revu l’organisation de l’équipe et installé tout le suivi des KPI… ma première question va probablement être : “Sur la base de quoi tu as décidé tout ça, alors que tu viens d’arriver, et que, potentiellement, tu ne comprends pas encore exactement tout ce qui se passe dans l’entreprise, ce qui s’est passé pendant les années précédentes et la direction dans laquelle le dirigeant souhaite aller ?”

Peut-être que tu as pris des décisions qui ne relevaient pas de ta responsabilité. Et surtout, tu as peut-être installé tes systèmes préférés, ceux que tu connais bien, ceux qui fonctionnent parfaitement sur le papier ou que tu adores mettre en place… mais qui ne correspondent pas nécessairement à la réalité de ton client.

Tout simplement parce que tu n’as pas pris suffisamment de temps pour échanger, poser des questions, observer, tirer des conclusions et prendre les bonnes décisions avec lui.

En revanche, si tu me dis : “Je n’ai pas encore changé énormément de choses, mais maintenant je comprends vraiment comment fonctionne ce business. J’ai identifié les principaux points de friction, je sais lesquels sont prioritaires et j’ai une vision beaucoup plus claire de ce qu’on doit travailler dans les deux prochains mois. Et j’ai déjà mis en place quelques premières actions qui ont produit un véritable effet chez mon client.” Là, évidemment, je me dis : “Waouh, ça, c’est génial !”

👉 Rappelle-toi, et rappelle-le à ton client au passage : à J+30, ton résultat, ce n’est pas le nombre de choses que tu as réussi à changer. C’est aussi la qualité de ta compréhension du business et ta capacité à recommander intelligemment la suite. ✨

Ce que tu dois retenir si tu commences ta première collaboration en tant qu’OBM / Duopreneur

Si tu commences bientôt ta première collaboration en tant qu’OBM / Duopreneur, retiens vraiment ceci : tu n’as pas besoin d’attendre de tout comprendre pour commencer à agir. Par contre, donne-toi le temps de comprendre avant de tout transformer.

Maintenant, j’ai une question pour toi. Si demain je t’annonce : “Tu commences lundi chez ton premier client”, qu’est-ce qui te ferait le plus peur ? Est-ce que ce serait de ne pas savoir par quoi commencer ? De ne pas savoir quelles questions poser ? Ou de ne pas réussir à prendre ta place face au dirigeant ou à l’équipe ?

💬 Dis-le-moi en commentaire, parce que ce sont typiquement des sujets que je peux approfondir dans de prochains articles.

Et si tu te projettes dans ce métier, mais qu’aujourd’hui tu te demandes comment passer de la compréhension du métier d’OBM à la capacité de vraiment prendre ta place auprès d’un client dans son entreprise, c’est justement tout l’objectif de la Duopreneur Academy.

Dans cet accompagnement, nous travaillons évidemment les compétences métier : la posture, le pilotage, la gestion de projet, le travail avec le dirigeant et son équipe. Mais nous travaillons aussi tout ce qu’il faut pour en faire réellement ton activité : ton positionnement, ton offre, la vente et la recherche de tes premières collaborations.

Tu peux retrouver toutes les informations sur la Duopreneur Academy.

Et si cet article t’a aidée à te projeter plus concrètement dans tes premières semaines comme OBM / Duopreneur, n’hésite pas à le partager à une femme qui pourrait, elle aussi, se reconnaître dans ce métier.

À très vite !

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