Et si l’intelligence artificielle faisait disparaître ton métier d’OBM ? Depuis quelques mois, tout le monde parle de ChatGPT, d’automatisations, d’outils qui « remplacent les humains”. Certains disent même qu’on n’aura plus besoin de profils comme le nôtre dans les prochaines années.
Alors, faut-il s’inquiéter ? Ou est-ce justement le moment idéal pour reprendre le pouvoir et montrer ce que seule une OBM peut vraiment apporter ?
Cette semaine, deux conversations très différentes m’ont amenée à réfléchir à cette même question : Est-ce que l’intelligence artificielle va remplacer le métier d’OBM ?
Dans cet article, je te partage ces deux conversations qui m’ont fait réfléchir, et je t’explique pourquoi, selon moi, l’IA peut devenir un levier puissant pour nous. À condition de l’utiliser avec intention, sans jamais oublier ce qui fait notre vraie force en tant que Duopreneur : l’intelligence humaine et relationnelle.
💬 Première conversation : “Pourquoi faire appel à moi si ChatGPT peut tout faire ?”
J’ai échangé récemment avec une aspirante Duopreneur qui m’a posé cette question :
« Si le métier d’OBM, c’est faire des audits, proposer des recommandations, optimiser des process… dans ce cas, mon client peut juste demander à ChatGPT, non ?«
Et honnêtement, c’est une excellente question. Parce qu’il faut bien le reconnaître : aujourd’hui, ChatGPT peut sortir un plan d’action en quelques secondes, résumer un tableau Excel ou lister une quinzaine d’idées pour améliorer un process. C’est rapide, impressionnant, et parfois même très pertinent.
Mais est-ce que cela veut dire qu’il peut remplacer une OBM humaine ? Personnellement, je ne le crois pas. Et je vais t’expliquer pourquoi :
👉 Quand tu fais un audit chez un client (pour reprendre cet exemple), tu ne te contentes pas d’analyser des chiffres. Tu observes le contexte global, les habitudes de travail, les interaction humaines… Tu identifies les vrais blocages, ceux qui ne sont pas dans les fichiers ni dans la grille d’audit que tu as demandé à ton client de remplir et à ChatGPT d’analyser.
👉 Et lorsque tu proposes des recommandations, ce n’est pas une réponse générique issue de Wikipédia. Tu t’appuies sur ton expérience, sur ta connaissance du client, sa personnalité, sa vision, ses contraintes, sur un lien qui est très humain.
👉 Mais surtout, il y a une dimension que l’intelligence artificielle ne pourra jamais faire : créer une relation de confiance avec ton client. En tant qu’OBM, tu es un véritable « sparring partner » pour ton client. Tu es là pour faire du « ping-pong d’idées », pour aider ton client à aller plus loin dans sa réflexion, pour le challenger. Tu es là pour l’aider à prendre du recul, à faire le tri dans ses idées, à clarifier ses décisions. Et ça, aucun outil, aussi performant soit-il, ne pourra le faire à ta place.
Un entrepreneur pourra poser toutes les questions qu’il veut à ChatGPT, Claude ou n’importe quel autre outil du moment. Mais il ne pourra pas se sentir véritablement entendu, challengé, soutenu… surtout s’il ne sait pas bien formuler ses besoins ou s’il ne sait pas bien paramétrer l’outil pour obtenir une réponse pertinente.
Et dans un monde où beaucoup d’entrepreneurs travaillent seuls, ta présence, ton écoute et ton intelligence relationnelle sont plus précieuses que jamais.
💬 Deuxième conversation : « Je n’ai plus besoin d’OBM, j’ai des GPTs pour ça. »
Cette phrase, je l’ai entendue lors d’une conversation avec une entrepreneure expérimentée, bien avancée dans son business.
Cette dernière m’a expliqué avoir créé ses propres IA : un GPT Manager pour son équipe, un GPT Lancement pour ses projets, et même un GPT Coach pour elle. Autrement dit : des intelligences artificielles spécialisées, entraînées sur son contenu, ses process, sa façon de penser.
Son équipe ne lui pose plus directement certaines questions : elle interagit avec le GPT Manager, qui répond à sa place, avec ses mots, ses habitudes.
Par exemple, en plein lancement, quelqu’un peut demander au GPT : « Est-ce que tu penses que la cliente veut utiliser ce hook dans la publicité ? » Et il répond, sur la base des choix passés de la fondatrice, de ses réflexes, de ses objectifs.
Ses GPTs sont bien paramétrés, reliés à une base de connaissance claire, à jour, nourrie régulièrement. Résultat : elle gagne un temps considérable. Elle est moins sollicitée au quotidien, et son équipe obtient des réponses quasi instantanément, sans avoir à attendre qu’elle soit disponible. C’est fluide, efficace, optimisé.
Mais en observant cela de plus près, je réalise que ces outils, aussi puissants soient-ils, ne remplacent pas tout :
👉 Ils ne pilotent rien.
👉 Ils répondent, mais ne coordonnent pas.
👉 Ils donnent une réponse, mais ne la nuancent pas.
👉 Ils ne perçoivent pas non plus les tendances en temps réel, comme c’est souvent nécessaire en plein lancement. Les GPT s’appuient sur des données du passé récent, mais ne sont pas capables d’adapter leurs réponses à l’actualité ou à l’évolution du marché sur le moment.
Dans cette situation, on peut donc légitimement se poser ces questions :
➡️ Qui coordonne vraiment les projets ?
➡️ Qui tient la vision d’ensemble ?
➡️ Qui gère les émotions, les imprévus, les priorités qui changent ?
➡️ Qui fait le lien avec les équipes ?
➡️ Qui transforme les idées en réalité, étape par étape ?
➡️ Qui garde la souveraineté sur la décision finale ?
Parce qu’à la fin, ce n’est pas un GPT qui va relancer le graphiste qui a oublié une version du livrable.
Ce n’est pas non plus un GPT qui va arbitrer entre deux freelances qui ne s’entendent plus.
Et encore moins un GPT qui va reprendre en main un lancement à faire en trois semaines, avec six prestataires différents, alors que le précédent s’était étalé sur neuf semaines, avec deux personnes seulement.
Ce rôle-là, c’est clairement celui d’une OBM, d’une Duopreneur. C’est elle qui va gérer l’imprévu, recadrer, rassurer, coordonner, faire avancer.
Le système de cette entrepreneure fonctionne parce qu’elle reste en pilotage.
Mais si elle voulait déléguer, respirer, prendre de la hauteur, alors là, une OBM stratégique et fiable ferait toute la différence dans son quotidien.
Mon expérience : l’IA comme un levier dans mon quotidien d’OBM
Cette révolution de l’intelligence artificielle, je la vis aussi de l’intérieur. Et honnêtement, il vaut mieux apprendre à composer avec elle que de chercher à l’éviter. C’est une vague qui, si on ne la prend pas, risque simplement de nous submerger.
Il n’y a encore pas si longtemps, l’un des services que je proposais régulièrement à mes clients, c’était l’analyse de leur audience. On commençait par diffuser des questionnaires, puis venait la partie la plus chronophage : lire toutes les réponses, en particulier celles aux questions ouvertes (tu sais, celles où les gens utilisent une dizaine de synonymes pour dire la même chose… 😅). C’était un travail minutieux, fastidieux.
Je passais des heures, parfois même des jours, à extraire les idées clés, les objections fréquentes, les expressions à fort impact, les pistes à explorer.
Et puis un jour, j’ai testé ChatGPT.
En quelques minutes à peine, il m’a ressorti les grandes tendances, les formulations marquantes, les mots-clés récurrents. J’ai gagné un temps fou, j’étais bluffée. J’avais sous les yeux une base de travail claire, structurée, exploitable.
Mais (et c’est là toute la nuance !) c’est mon intelligence humaine qui a pris le relais ensuite. C’est moi qui ai :
- Analysé les résultats,
- Priorisé les actions,
- Proposé des recommandations stratégiques,
- Orchestré les prochaines étapes.
L’IA m’a assistée, oui. Mais c’est mon rôle d’OBM qui a transformé les données brutes en décisions concrètes. Et c’est exactement ça, ta vraie valeur ajoutée : l’alliance entre la puissance de l’IA, et la finesse du discernement humain.
Ce que l’IA peut, et ce qu’elle ne pourra jamais faire à ta place
Alors, concrètement, où s’arrête la puissance de l’intelligence artificielle, et où commence la tienne ?
Commençons par ce que l’IA peut faire :
✅ Synthétiser une grande quantité d’informations,
✅ Générer des idées,
✅ Te faire gagner un temps précieux.
Elle t’aide à aller plus vite, plus loin, plus efficacement. Et il serait dommage (voire risqué) de s’en priver. L’adopter, c’est rester dans la course. L’ignorer, c’est se mettre hors-jeu sans même s’en rendre compte.
Mais attention à ne pas lui prêter des super-pouvoirs qu’elle n’a pas. En effet, l’IA ne peut pas :
❌ Arbitrer un conflit entre deux prestataires aux égos contrariés,
❌ Réorganiser un projet complet après un changement de dernière minute,
❌ Prendra pas une décision stratégique alignée avec les valeurs profondes de ton client.
Parce que tout cela demande bien plus qu’un raisonnement logique ou un bon prompt.
Cela demande de l’écoute, de l’intuition, du discernement.
Toi, tu es ce lien précieux entre la stratégie et l’opérationnel.
Tu es celle qui comprend les chiffres et les humains.
Celle qui adapte sa posture, son langage, sa méthode… en fonction de la réalité unique de chaque client, chaque équipe, chaque contexte.
Et cette agilité-là, aucune IA ne pourra te la prendre.
En résumé
Non, l’IA ne va pas tuer ton métier : elle va t’inviter à l’élever. Elle ne signe pas la fin de ton rôle, elle marque simplement le début d’une nouvelle ère.
Les OBM qui feront la différence demain seront celles qui :
👉 Utilisent l’intelligence artificielle comme un véritable levier d’efficacité,
👉 Renforcent leur posture de copilote stratégique,
👉 Cultivent leur intelligence émotionnelle, relationnelle, humaine.
Nous ne sommes pas en train de devenir obsolètes. Nous sommes en train de devenir des OBM augmentées : plus performantes, plus affûtées, mais toujours et surtout profondément humaines.
Alors je te laisse avec cette question :
Est-ce que tu veux te faire remplacer par l’IA, ou bien devenir irremplaçable en l’accueillant dans ton quotidien d’OBM ?
Partage-moi tes réponses en commentaire, je serai ravie d’échanger avec toi !


