Il y a une erreur que je vois très souvent chez les femmes qui découvrent le métier d’OBM : elles se disent qu’avant de se lancer, il faudrait déjà être à l’aise avec les outils.
Alors elles commencent à regarder Notion, Airtable, puis elles voient passer des automatisations avec Make ou n8n. Ensuite, elles se disent qu’il faudrait aussi comprendre les outils de CRM, les outils de gestion de projet, les outils d’emailing, l’intelligence artificielle… Et plus elles avancent, plus elles ont l’impression qu’il leur manque quelque chose, parce qu’il y a toujours de nouveaux outils.
Finalement, cette croyance fait repousser beaucoup de projets de reconversion, et ce pour de mauvaises raisons.
Bien sûr, je ne dis pas que dans notre métier d’OBM, les outils ne servent à rien, bien au contraire. En revanche, j’aimerais remettre un peu d’ordre dans ce qu’on pense devoir savoir au départ, et dans ce qu’on utilise réellement quand on commence à accompagner des clients en tant qu’OBM / Duopreneur.
Si tu lis cet article jusqu’au bout, tu vas repartir avec une façon beaucoup plus simple et plus utile d’appréhender les outils.
On surestime énormément le rôle des outils au démarrage
Je vais te raconter quelque chose que j’ai fait au lancement de mon activité de Duopreneur, en 2018. À l’époque, je m’étais fixé un défi : apprendre un nouvel outil chaque mois pendant 12 mois.
Dans ma tête, c’était logique : je me disais que plus je connaîtrais d’outils, meilleure je serais dans mon métier de Duopreneur.
J’ai tenu un moment, en suivant ma liste d’outils initiaux. À l’époque, il y avait WordPress, puis Canva en tête de liste. Et puis j’ai commencé à travailler avec mes premiers clients.
Et là, je me suis aperçu de deux choses :
- Mes clients n’utilisaient pas du tout les outils que j’avais appris. Ou alors, s’ils les utilisaient, ce n’étaient pas ceux dont j’avais réellement besoin pour collaborer avec eux.
- À l’inverse, ils utilisaient des outils que je maîtrisais déjà parce que je les avais utilisés dans le salariat : Google Drive, Google Sheets, Google Docs… Des outils que je pensais “trop simples” pour les utiliser dans des collaborations avec des entrepreneurs, des web entrepreneurs ou des infopreneurs. Et pourtant, ça fonctionnait aussi très bien dans ce contexte entrepreneurial.
C’est là que j’ai compris quelque chose d’important : ce n’est pas le niveau technologique qui bloque le développement de l’entreprise de nos clients en premier lieu. C’est avant tout l’organisation, le suivi, la circulation de l’information au sein de l’équipe, ou encore le temps perdu par manque de process.
C’est quelque chose que je répète souvent aux personnes que j’accompagne : le métier de Duopreneur / OBM n’est pas un métier d’outils, c’est un métier de systèmes.
👉 Un calendrier partagé n’a pas de valeur parce que c’est un calendrier en version digitale. Il a de la valeur quand il évite 100 messages pour organiser une semaine de rendez-vous.
👉 Un tableau de suivi des tâches n’a pas de valeur parce qu’il est beau, coloré et agréable à regarder. Il a de la valeur quand une équipe sait enfin où elle en est dans les projets.
👉 Un CRM n’a pas de valeur parce qu’il est sophistiqué et 100 % automatisé. Il a de la valeur quand le commercial de l’équipe, ou le client, arrête d’oublier de relancer ses prospects.
Quand on commence à regarder les choses sous cet angle, le niveau de pression descend énormément : on n’a plus besoin de connaître tous les outils. On cherche d’abord simplement à comprendre ce qu’on essaie d’améliorer. Ensuite seulement, on voit si un outil peut éventuellement nous aider.
Comment prendre confiance avec les outils
Récemment, pendant une session de mentorat au sein de la Duopreneur Academy, nous avons fait un tour de table sur les outils que chacune utilisait. Ce qui était intéressant, ce n’était pas tant les outils eux-mêmes, mais la façon dont chacune les avait pris en main.
Prenons l’exemple de Notion, qui est l’un des outils no-code les plus utilisés en ce moment chez les solopreneurs et dans les petites entreprises : quand tu pars d’une feuille blanche, la prise en main de cet outil peut être intimidante tellement il y a de possibilités.
👉 Une élève expliquait qu’au départ, elle utilisait Notion uniquement pour suivre ses lectures, parce que la lecture est sa passion. Elle avait construit sa liste de livres, ses lectures en cours, ses envies pour plus tard. Puis elle a ajouté des commentaires, des avis, des liens… Et c’est comme ça qu’elle s’est familiarisée avec l’outil. Aujourd’hui, elle s’en sert dans son activité à un niveau plus avancé, mais elle a commencé par quelque chose qui l’amusait.
👉 Une autre élève racontait qu’elle avait commencé à utiliser Notion pour préparer ses vacances : le budget, les trajets, l’organisation. Pas pour faire tout de suite des automatisations, ni pour construire un système complexe, mais plutôt pour rendre quelque chose de sa vie plus clair.
Cette technique aide vraiment à se lancer dans l’apprentissage d’un outil, parce que l’apprentissage vise un objectif différent, plus fun, parfois autour d’une passion. L’enjeu est moins lourd, donc on ose davantage.
👉 Une élève nous a aussi partagé comment elle avait mis en place une application familiale pour arrêter de tout porter seule : les rendez-vous, les documents, les emplois du temps, les courses, les informations à transmettre aux enfants… Un peu comme on le ferait quand on met en place un système collaboratif pour fluidifier les échanges entre les membres de l’équipe de nos clients.
Ce que j’aime dans ces exemples, même s’ils peuvent paraître anodins, c’est qu’ils montrent tous la même chose : personne n’a commencé en construisant un système ultra complexe.
On commence souvent avec quelque chose qui nous amuse, qui nous simplifie la vie ou qui répond à une petite frustration du quotidien. Puis on prend confiance, et on réutilise ce qu’on a compris ailleurs. Et c’est exactement comme ça qu’on progresse dans ce métier.
C’est aussi pour ça que je dis souvent qu’on ne construit pas un paquebot à quelqu’un qui est encore dans une barque avec des rames. Tous les clients n’ont pas besoin d’un paquebot dès les premiers jours de la collaboration. Au contraire, ça ne ferait que les ralentir. Ils ont davantage besoin d’une petite embarcation avec un moteur, pour aller un peu plus loin, plus confortablement.
On commence donc par un système simple, adapté aux vrais besoins du client. On regarde ce qui fonctionne, puis on améliore au fil de son évolution. ✨
Le réflexe qui change tout : penser système avant outil
Il y a une idée que j’aimerais vraiment te transmettre si tu envisages ce métier de Duopreneur / OBM : quand un client te parle d’un problème, essaie de ne pas penser immédiatement à un outil en réponse. Essaie d’abord de comprendre ce qui se passe.
Je vais te donner quelques exemples, pour que tu puisses mieux te projeter :
✔ Exemple 1 : Un entrepreneur te dit “Je cours partout, j’ai l’impression de répéter les mêmes choses toute la journée.”
La réponse n’est pas automatiquement : “J’ai la solution, il faut utiliser Notion.” Peut-être que cet entrepreneur a simplement besoin d’un point hebdomadaire mieux structuré, d’un endroit où centraliser ses demandes. Peut-être qu’il doit arrêter de gérer ses tâches dans WhatsApp, mais qu’il ne connaît pas encore d’autres alternatives.
✔ Exemple 2 : Un client te dit “Mon équipe ne suit jamais les process”.
Avant de changer complètement l’outil de gestion de projet, de faire table rase de tout ce qui a été utilisé jusque-là et de reconstruire autre chose, il y a plusieurs questions à poser :
- Est-ce que les consignes sont claires ?
- Est-ce que l’équipe comprend l’intérêt du process ?
- Est-ce qu’il y a déjà trop d’endroits où chercher l’information ?
- Est-ce que la solution proposée est toujours adaptée à leur quotidien ?
- Est-ce que le processus est toujours à jour ?
👉 J’ai déjà vu des entreprises qui avaient des outils très performants et qui pourtant fonctionnaient mal. Et j’ai aussi vu, à l’inverse des entreprises qui fonctionnaient très bien avec des outils extrêmement simples.
Le piège dans lequel tu ne dois pas tomber
Il y a un autre piège dans lequel je te demande vraiment de ne pas tomber. C’est un sujet qui m’agace profondément quand des entrepreneurs viennent ensuite m’en parler, parce qu’ils sont déçus de leur collaboration avec une soi-disant OBM autoproclamée.
L’OBM était peut-être très forte dans l’intégration d’un outil, mais est passée totalement à côté de ce qui prime pour le client : un système adapté à chaque situation, et un outil qui sert ce système.
Voilà ce qui risque de se produire si tu es trop centrée sur une approche outil :
Parfois, on arrive dans une entreprise avec notre outil préféré. On connaît parfaitement Notion, Airtable, ClickUp ou un autre outil. Et sans s’en rendre compte, on commence à vouloir tout reconstruire dedans. Le risque, c’est qu’on améliore notre confort à nous, en tant qu’OBM, sans jamais améliorer celui du client et de l’équipe.
Pour moi, une bonne OBM / Duopreneur se pose d’autres questions :
- Si demain je pars, est-ce que le client saura continuer ?
- Est-ce qu’il comprendra ce qui a été construit ?
- Est-ce que quelqu’un dans l’équipe pourra reprendre ce que j’ai construit ?
- Est-ce que ce système est assez simple pour vivre sans moi ?
J’ai déjà entendu l’histoire d’un client qui s’était retrouvé avec une refonte complète de ses outils alors qu’à la base, ses outils fonctionnaient. Ils n’étaient pas parfaits, il y avait sûrement des choses à améliorer, mais ils fonctionnaient.
La personne qui l’accompagnait a remplacé plusieurs outils pour reconstruire quelque chose qui correspondait davantage à sa façon à elle de travailler, et non à celle du client et de son équipe. Le problème, c’est qu’à la fin, le client ne savait plus faire évoluer ce qui avait été créé. Il s’est retrouvé pris au piège d’un outil non adapté.
Et ça, ce n’est pas ce qu’on cherche : notre rôle en tant que Duopreneur n’est pas de rendre le client dépendant. Notre rôle, c’est de rendre son activité plus fluide et plus solide. ✨
Comment progresser avec les outils quand on débute vraiment
J’ai envie de te proposer quelque chose de très simple pour commencer à apprivoiser les outils.
💡 Pour commencer, ne choisis pas un outil, choisis une situation. Par exemple :
- tu perds toujours les mêmes informations ;
- tu cherches toujours les mêmes documents ;
- tu repousses toujours une tâche administrative ;
- tu oublies toujours certains suivis.
À partir de là, cherche un outil qui peut t’aider, et donne-toi un objectif très petit : non pas apprendre toutes ses fonctionnalités et devenir incollable sur cet outil, mais simplement le tester. Il y a une nuance importante entre “apprendre” qui donne souvent l’impression qu’il faut maîtriser, et “tester” qui, au contraire, autorise davantage l’exploration.
Tu te fixes pour objectif d’ouvrir cet outil pendant seulement une heure cette semaine. Et pendant cette heure, tu essayes seulement de faire une chose : créer une vue, un formulaire, un tableau.
Si tu veux te faciliter la vie, prends un sujet personnel. C’est une très bonne porte d’entrée. Tu peux par exemple :
- organiser tes vacances,
- créer ta liste de recettes et de menus,
- construire ton calendrier familial,
- ou même imaginer une situation test pour un client idéal.
Quand l’enjeu est faible, on ose davantage. Et souvent, on découvre qu’on est beaucoup plus capable qu’on ne le pensait.
💡 Autre conseil utile : quand tu testes un outil, documente un peu ce que tu fais. Ça peut être une capture d’écran, une note de quelques lignes, ou même un enregistrement rapide de ton écran.
L’objectif n’est pas de faire quelque chose de parfait. C’est surtout de garder une trace. Et tu verras qu’au bout de quelque temps, tu construis déjà quelque chose de très proche de ce qu’on fait dans le métier de Duopreneur : rendre les choses compréhensibles et transmissibles.
👉 Il ne s’agit pas de tester des outils pour tester des outils. Il s’agit de tester des outils qui peuvent t’aider à te sentir plus à l’aise, à répondre à des situations concrètes que tu vas rencontrer chez tes clients, et surtout à implémenter des outils qui servent un système.
Ce que tu dois retenir
S’il y a une chose que j’aimerais que tu retiennes de cet article, c’est que ton niveau actuel sur les outils ne dit pas grand-chose de ton potentiel dans ce métier de Duopreneur / OBM.
Les outils changent tout le temps. Les usages changent. Les clients aussi changent. Donc quoi qu’il arrive, il est impossible de tous les connaître, et encore moins de tous les maîtriser.
Ce qui reste beaucoup plus stable, c’est la façon dont tu observes, dont tu structures, et dont tu aides quelqu’un à avancer.
C’est aussi pour ça que dans la Duopreneur Academy, on ne commence pas par une liste de logiciels à maîtriser. On travaille d’abord le métier, la posture, le positionnement et la réflexion système. Et ensuite, on apprend les outils au moment où ils deviennent utiles dans de vraies situations.
💬 J’aimerais te laisser avec une question :
Est-ce qu’il y a aujourd’hui un outil que tu repousses depuis longtemps ? Et si tu devais l’essayer cette semaine, sur quoi tu l’utiliserais ? Pour résoudre quel problème ?
Dis-le-moi en commentaire. Je suis curieuse de voir ce qui revient le plus souvent.
Et si cet article t’a aidée à regarder les outils autrement, pense à l’envoyer à quelqu’un qui attend encore de tout connaître avant d’oser se lancer.
À très vite. ✨
Crédit photo : Karola G de Pexels


