Quand on parle de reconversion vers l’entrepreneuriat, on parle beaucoup de choses très concrètes : choisir son statut, définir son offre, trouver ses premiers clients, fixer ses tarifs… Évidemment, tous ces sujets sont très importants et il faut en parler.
Mais il y a une partie de la transition du salariat vers l’entrepreneuriat dont on parle beaucoup moins, alors qu’elle peut être assez déstabilisante quand on a derrière soi 10, 15 ou 20 ans de salariat, voire davantage : le changement de posture.
Et je le vois particulièrement chez les femmes que j’accompagne pour devenir Duopreneur, parce que beaucoup d’entre elles ne sont pas du tout débutantes dans le monde professionnel. Elles ont parfois occupé des postes à responsabilité, managé des équipes, piloté des projets complexes, géré des budgets importants. Elles savent travailler, elles savent prendre des responsabilités et elles ont déjà développé énormément de compétences.
Pour autant, devenir indépendante change pas mal les règles du jeu, et certaines choses qui étaient presque automatiques dans leur vie de salariée doivent être complètement réapprises.
Dans cet article, j’ai donc envie de te parler de 4 changements de posture auxquels on n’est pas forcément préparée quand on passe de salariée expérimentée à indépendante, et qui sont particulièrement importants quand on veut devenir Online Business Manager / Duopreneur.
1️⃣ Tu dois apprendre à rendre visible une valeur qui, avant, était déjà connue
Quand tu travailles depuis plusieurs années dans la même entreprise, ta valeur professionnelle est connue dans ton environnement.
Ton manager sait ce que tu sais faire, tes collègues connaissent ta manière de travailler et on sait quels sujets on peut te confier. Ta légitimité s’est construite au fil des années, à travers les projets que tu as menés, les résultats que tu as obtenus et les problèmes que tu as résolus.
Quand tu deviens Online Business Manager (OBM) / Duopreneur freelance, tu te retrouves face à des personnes qui ne savent absolument rien de tout ça. Elles ne te connaissent pas, ne savent pas comment tu travailles et n’ont pas encore eu l’occasion de constater tes compétences.
Et c’est une transition particulièrement challengeante chez les femmes très expérimentées, parce qu’elles n’ont pas forcément eu besoin, jusque-là, de mettre précisément des mots sur leur valeur. Elles savent qu’elles sont compétentes, et les personnes qui ont travaillé avec elles le savent aussi. Mais expliquer cette compétence à quelqu’un qui ne les connaît pas, et surtout lui permettre de comprendre pourquoi elle peut être utile à son entreprise, c’est autre chose.
C’est là que j’entends souvent des craintes comme : “Je n’aime pas me vendre” ou “Je ne sais pas me vendre”.
Sauf que l’objectif n’est pas de passer ton temps à expliquer à quel point tu es formidable ! Il faut surtout être capable de comprendre la valeur que tu apportes et de la rendre suffisamment claire pour que la personne en face de toi puisse la percevoir.
Et c’est particulièrement important pour une Duopreneur / OBM, parce que notre valeur n’est pas toujours immédiatement visible.
Lorsque tu présentes ton activité, tu peux évidemment parler de :
- gestion de projet,
- coordination d’équipe,
- structuration de systèmes,
- ou encore de pilotage d’entreprise.
Ces compétences sont importantes, elles donnent un fond solide à ton expertise et rassurent ton futur client sur ta capacité à mettre en place les solutions que tu proposes.
Mais ce que le dirigeant achète derrière tout ça, c’est aussi une capacité à :
- avoir une vision d’ensemble de son activité,
- identifier les sujets qui méritent son attention,
- fluidifier le fonctionnement de son équipe,
- le soulager au quotidien,
- faire avancer des projets qui, parfois, stagnent depuis des mois.
Et pour qu’il puisse percevoir cette valeur, il faut l’aider à se projeter concrètement dans votre future collaboration. Il ne suffit pas de lui dire que tu as déjà géré des projets complexes ou coordonné des équipes. Il faut aussi lui expliquer comment tu vas intervenir dans son entreprise, quelle méthodologie tu vas utiliser, ce que ton accompagnement va changer dans son organisation et comment son quotidien pourrait évoluer une fois que tu seras à ses côtés.
👉 Ton futur client doit comprendre non seulement ce que tu sais faire, mais surtout ce que ton intervention va lui apporter.
Cette valeur-là, il faut apprendre à l’expliquer.
2️⃣ Tu dois apprendre à faire tourner ta propre entreprise
C’est probablement l’un des changements les plus importants, donc à ne surtout pas sous-estimer avant de te lancer.
Tu peux :
- avoir occupé un poste très senior dans une entreprise,
- avoir été cadre, manager ou même membre d’un comité de direction,
- avoir eu beaucoup d’autonomie et pris des décisions importantes au quotidien en tant que salariée.
Malgré tout, il y avait toute une partie de la mécanique de l’entreprise dont tu n’avais pas nécessairement la responsabilité directe, notamment s’assurer qu’il y ait suffisamment de clients pour financer ton poste et celui de tes collègues.
Il y avait une entreprise autour de toi : une stratégie commerciale, du marketing, des commerciaux, une marque déjà connue, un portefeuille clients, un réseau, une direction qui travaillait sur le développement de l’activité.
Quand tu deviens OBM freelance, cette infrastructure n’existe plus autour de toi. Et même quand tu es excellente dans ton métier, il faut maintenant réussir à créer suffisamment d’activité pour pouvoir l’exercer dans de bonnes conditions financières.
C’est un point sur lequel j’insiste beaucoup avec les Duopreneurs que j’accompagne, parce que je vois régulièrement des femmes consacrer énormément de temps à développer encore leur expertise. Elles suivent une formation supplémentaire, apprennent un nouvel outil digital, retravaillent leur site internet pour la quatrième fois ou attendent de se sentir parfaitement prêtes, de connaître tous les secteurs d’activité, avant d’oser parler de leur activité.
Évidemment qu’il faut être compétente : se former aux compétences du métier est indispensable, c’est même un prérequis.
Mais à un moment, l’urgence n’est plus d’ajouter une compétence supplémentaire. Il faut aller chercher des contrats, des clients et du chiffre d’affaires pour pouvoir vivre de ton entreprise.
Ça veut dire que ton job aujourd’hui en tant qu’OBM indépendante, c’est aussi de :
- développer ton réseau,
- parler de ton activité,
- entrer en relation avec des entrepreneurs,
- créer des opportunités,
- mener des rendez-vous commerciaux,
- faire des propositions et relancer autant de fois que nécessaire.
Et je sais que cette partie peut être beaucoup moins confortable pour certaines d’entre vous que le métier technique en lui-même. Pourtant, elle fait maintenant partie de ton nouveau métier d’entrepreneure à ton compte.
À partir du moment où tu te lances, tu as finalement deux responsabilités qui coexistent :
✅ D’un côté, il y a ton activité de Duopreneur / OBM, dans laquelle tu dois être capable d’accompagner correctement tes clients, de mobiliser tes compétences et de livrer ce que tu leur as promis.
✅ De l’autre, il y a la gestion de ta propre entreprise : tu dois continuer à trouver des clients, générer du chiffre d’affaires et préparer les mois suivants. Tu deviens responsable de ta propre rémunération. Et c’est aussi une formidable opportunité de réaliser que tu possèdes les compétences nécessaires pour générer toi-même tes revenus et construire ton activité.
👉 Tu es désormais à la fois une professionnelle qui maîtrise son métier et une cheffe d’entreprise qui doit aussi assurer le développement commercial de son activité. Et ça change forcément la manière dont tu appréhendes ton entreprise et son développement.
3️⃣ Ta valeur ne se mesure plus simplement au temps que tu consacres à ton travail
Il y a un autre réflexe qui peut rester assez longtemps quand on vient du salariat : associer le travail, et même la qualité du travail, au temps que l’on y consacre.
C’est assez logique. Pendant des années, ton organisation professionnelle a probablement été structurée autour d’horaires, de journées de travail, d’un nombre d’heures hebdomadaires ou mensuelles. Même quand tu étais très autonome dans la gestion de tes missions, le temps restait une unité importante de ton travail.
Quand tu deviens indépendante, et particulièrement quand tu occupes un rôle d’OBM, la réflexion devient différente :
- Bien sûr, ton temps compte : tu disposes d’un temps limité (nous avons toutes 24 heures dans une journée), et tu dois évidemment en tenir compte dans tes offres et dans ton organisation.
- Mais ce qui intéresse principalement ton client, c’est ce qui change dans son entreprise grâce à ton intervention. Si tu passes trois heures à reconstruire un système de gestion de projet, l’intérêt pour lui n’est pas de savoir que tu y as consacré trois heures. L’intérêt, c’est que son équipe sache maintenant où trouver l’information, que les responsabilités soient claires et qu’il arrête d’être sollicité quinze fois par jour pour savoir où en est tel ou tel projet, ou quelles tâches doivent être réalisées ensuite.
C’est aussi pour ça qu’en tant que Duopreneur / Online Business Manager, il faut progressivement développer une vision plus large de ton rôle.
Quand tu deviens plus efficace sur un sujet, tu n’as pas moins de valeur parce que tu mets deux heures là où quelqu’un d’autre en mettrait cinq. Ton expérience, ta capacité à identifier rapidement un problème, à choisir la bonne solution et à la mettre en place font justement partie de ce que ton client vient chercher (que tu le fasses en deux heures, ou cinq !).
Cette évolution change ensuite beaucoup de choses dans ta manière de construire tes offres, de fixer tes tarifs et même de choisir les missions que tu acceptes ou que tu refuses. Et elle permet aussi de sortir progressivement d’une logique dans laquelle il faudrait être constamment occupée pour avoir l’impression de mériter ce que l’on facture et ce que l’on gagne.
Tu n’as plus besoin aujourd’hui d’être “vissée” à ta chaise devant ton ordinateur de 9h à 18h, du lundi au vendredi : tu peux profiter de plus de flexibilité, travailler tard le soir si tu le souhaites, ne jamais travailler le lundi par exemple, ou organiser tes journées en fonction de ton propre rythme. C’est toi qui décides de la manière dont tu souhaites organiser ton activité, et rappelle-toi que cette liberté est probablement aussi l’une des raisons pour lesquelles tu as envie de développer ta propre entreprise !
4️⃣ Tu dois apprendre à définir toi-même le cadre de tes collaborations
Le dernier changement est probablement celui qui demande le plus d’ajustements, parce qu’il touche directement à la relation avec le client.
Quand on vient du salariat, on a travaillé pendant des années dans un cadre qui existait avant nous : il y avait des horaires, une hiérarchie, des processus, des règles internes, des responsabilités plus ou moins définies. Ce cadre pouvait être imparfait, mais il existait et tu le suivais.
En tant qu’indépendante, une partie de ce cadre doit maintenant être créée par toi.
Et je vois beaucoup de nouvelles indépendantes qui démarrent en voulant avant tout être très arrangeantes avec leurs premiers clients. Elles acceptent facilement une demande supplémentaire, répondent rapidement aux messages, s’adaptent aux habitudes de fonctionnement du client et repoussent parfois leurs propres limites parce qu’elles ont envie que la collaboration se passe bien.
C’est compréhensible, surtout au début, quand on tient beaucoup à ses premiers contrats et qu’on sait à quel point ils sont importants pour la suite de notre activité. Moi aussi, il m’est arrivé de faire quelques concessions au début de certaines collaborations !
Le problème, c’est que la manière dont tu fonctionnes dès le début de la collaboration crée progressivement les habitudes de travail entre ton client et toi.
Il faut donc être capable de définir assez tôt comment cette collaboration va fonctionner, notamment :
✅ quels outils vous allez utiliser pour communiquer,
✅ à quels moments tu es disponible, et quand tu ne l’es pas,
✅ qu’est-ce qui constitue une véritable urgence et comment ces urgences doivent-elles être gérées,
✅ quelles missions entrent dans le périmètre de ton accompagnement, et lesquelles n’en font pas partie,
✅ comment vous allez faire évoluer ce périmètre si de nouveaux besoins apparaissent.
Évidemment, rien n’est rigide ni figé. Ces éléments peuvent évoluer et faire l’objet de discussions avec ton client. L’objectif n’est pas de rendre la collaboration compliquée, mais de poser un cadre suffisamment clair pour que chacun sache comment fonctionner.
Et pour une Duopreneur / OBM, ce cadre est d’autant plus important qu’on travaille souvent très près du dirigeant et de son équipe. On a donc vite fait d’être sollicitée pour tout sujet qui mérite une quelconque solution, même lorsque celui-ci ne relève pas directement de notre périmètre d’intervention. Il faut donc apprendre à poser des limites et à les faire respecter.
Quelquefois, définir le cadre de la collaboration, c’est aussi préciser le niveau de responsabilité et de prise de décision qui te revient dans ton périmètre d’intervention auprès de ton client et de son équipe.
Donc oui, fais preuve d’initiative, affirme ton leadership, c’est très important dans notre métier ! Mais ne prends pas non plus la place du dirigeant, qui est, lui, chef de sa propre entreprise. Et n’hésite pas à remettre ton client face à ses propres responsabilités de chef d’entreprise lorsque c’est nécessaire.
Une Duopreneur peut avoir beaucoup d’autonomie. Elle peut :
- prendre des décisions opérationnelles (dans le périmètre qui a été défini avec son client),
- recommander une direction,
- challenger certaines décisions,
- attirer l’attention du dirigeant sur un problème ou lui proposer différentes options.
C’est même une partie importante de la valeur qu’on attend de toi dans ce métier. En revanche, les décisions stratégiques qui concernent le développement de l’entreprise restent celles du dirigeant : c’est son entreprise, sa vision, son risque et, donc, sa décision.
Quand tu développes la bonne posture dans la collaboration, tu ne deviens pas la dirigeante de l’entreprise de ton client. Tu es déjà devenue la dirigeante de la tienne, et c’est déjà un gros travail en soi !
Ton rôle en tant que Duopreneur est de prendre suffisamment ta place pour devenir une véritable partenaire stratégique et opérationnelle dans le périmètre qui t’a été confié, tout en sachant très clairement où s’arrête ta responsabilité et où commence celle de ton client.
Devenir indépendante, c’est aussi apprendre à penser comme une cheffe d’entreprise
Quand je regarde les femmes que j’accompagne dans leur reconversion au sein de la Duopreneur Academy, je trouve que le changement est souvent assez incroyable sur ces sujets de posture.
Et ce qui est important à comprendre, c’est qu’elles n’ont généralement pas besoin d’oublier tout ce qu’elles ont fait avant, ni de repartir de zéro. Au contraire, leur expérience professionnelle est souvent l’une de leurs plus grandes forces pour devenir Duopreneur. Elles peuvent s’appuyer sur les compétences et les expériences qu’elles ont déjà acquises, tout en développant celles qui leur manquent pour exercer ce nouveau métier.
En revanche, elles doivent apprendre à utiliser cette expérience dans un environnement où les règles sont différentes de celles qu’elles ont toujours connues dans leur vie de salariée. Il faut apprendre à :
- rendre sa valeur visible auprès de personnes qui ne nous connaissent pas encore,
- prendre la responsabilité du développement commercial de sa propre activité,
- ne plus mesurer systématiquement son travail au temps passé,
- et construire un cadre de collaboration qui permet d’occuper pleinement sa juste place auprès de ses clients.
💬 Je serais vraiment curieuse de savoir où tu en es, toi, aujourd’hui. Dis-moi en commentaire de cet article :
Si tu envisages de quitter le salariat, ou si tu viens de démarrer ton activité, lequel de ces 4 changements de posture te semble aujourd’hui le plus important, ou peut-être le plus difficile à franchir ?
Et si tu es justement dans cette réflexion de reconversion et que tu envisages le métier d’Online Business Manager / Duopreneur, c’est exactement pour accompagner cette transition que j’ai créé la Duopreneur Academy.
On y travaille bien sûr les compétences nécessaires pour exercer le métier, mais aussi tout ce qui permet d’en faire réellement une activité : définir son positionnement, construire son offre, fixer ses tarifs, apprendre à parler de sa valeur, trouver ses clients, vendre ses accompagnements et prendre progressivement sa place auprès des dirigeants que l’on accompagne.
Parce que se former à un nouveau métier est une première étape essentielle. Mais ensuite, il faut réussir à en vivre. ✨
Si tu souhaites découvrir comment la Duopreneur Academy peut t’accompagner dans cette transition, tu peux retrouver toutes les informations en cliquant ici.
Et si cet article t’a été utile, n’hésite pas à le partager à une femme de ton entourage qui est peut-être, elle aussi, en train de se demander ce qu’il y a de l’autre côté du salariat, et qui envisage de devenir Duopreneur.
À très vite !
Crédit photo : filadendron de Getty Images Signature

