J’avais un bon job, un bon salaire, un titre assez flatteur… Mais j’ai tout quitté pour m’installer à l’étranger où j’ai commencé une carrière en freelance.
Et je vais être honnête avec toi : j’ai gagné des choses incroyables mais j’ai aussi perdu en quittant le salariat.
Si tu te poses la question : “Et si je quittais le salariat pour me lancer dans le freelancing ?”, cet article est pour toi : je vais te partager mon expérience telle qu’elle a été, sans filtre.
Retour sur mon parcours : de Responsable marketing à Duopreneur
J’ai quitté mon poste de cadre en 2017 pour devenir Duopreneur.
Duopreneur, c’est le terme que j’utilise depuis le début pour désigner le métier que je me suis créé. Je l’utilisais avant même de savoir qu’il existait déjà sous le nom plus répandu d’OBM, Online Business Manager.
Avant de devenir freelance, j’ai été responsable marketing et responsable formation dans différentes entreprises en France.
Sur le papier, tout était parfait, j’avais ce qu’on appelle une “belle situation”. Mais j’avais aussi un rythme de vie qui ne me convenait plus du tout et surtout un travail que je n’aimais plus non plus. J’étais en perte totale de sens.
Les déplacements constants, la course permanente, cette impression d’être écartelée entre mes responsabilités professionnelles et ma vie de famille, tout cela finissait par peser lourd dans mon quotidien. Et puis, un jour, une opportunité s’est présentée : mon mari a trouvé du travail aux États-Unis.
Si je suis totalement honnête, je ne sais pas si j’aurais eu le courage de tout quitter aussi radicalement si je n’avais pas eu cette “obligation” de le faire pour éviter d’éclater notre famille entre deux continents. Je pense que j’aurais continué à tirer sur la corde, jusqu’à l’épuisement, voire au burn-out. Dire “ça suffit”, se choisir, faire confiance à l’idée qu’autre chose de mieux est possible, ce n’est jamais simple.
En plus, à cette époque (il y a 8 ans de cela), on parlait beaucoup moins du freelancing, ou en tout cas je ne m’y étais jamais vraiment intéressée. Je connaissais bien sûr l’entrepreneuriat, puisque j’avais moi-même ouvert un dépôt-vente pendant quatre ans quelques années auparavant. Mais je ne m’étais jamais dit qu’il était possible de créer une activité aussi simplement : avec seulement un ordinateur et une bonne connexion internet.
Je me suis donc retrouvée en 2017 à plus de 5 000 kilomètres de la France, dans un pays anglophone, sans projet précis, sans réseau professionnel, sans soutien familial pour m’aider avec mes jeunes enfants, mais avec une envie et un besoin viscéral de travailler. Mais de travailler à ma façon.
Je me suis autorisée quelques mois de réflexion, et j’ai compris que je ne voulais plus revenir à mon ancienne vie. Mon besoin de flexibilité était devenu trop central pour préserver mon équilibre familial, et j’avais besoin d’un travail nomade que je pourrais emmener avec moi dans l’hypothèse d’un nouveau déménagement.
Je voulais aussi pouvoir travailler avec des clients francophones depuis l’étranger, aller chercher mes enfants à 14h, être présente pendant les vacances scolaires, passer deux mois par an en France si je le souhaitais.
Concrètement, j’avais besoin :
🫶 de flexibilité,
🫶 de sens : je voulais aimer et croire en ce que je faisais,
🫶 d’impact,
🫶 de contribuer à manière,
🫶 d’un travail qui s’adapte à ma vie, et non l’inverse.
Ce que j’ai gagné en devenant OBM freelance
Je me suis lancée avec une certaine forme d’insouciance, en me disant que de toute façon, je n’avais rien à perdre, mais beaucoup à gagner.
En 2017-2018, j’ai découvert un champ des possibles immense. Aux États-Unis, le statut de freelance était très répandu, le marketing digital et l’industrie du coaching étaient bien plus avancés qu’en France. J’en ai fait mon terrain d’exploration, parce que ce que je découvrais faisait profondément écho en moi.
Ce que j’ai gagné en lançant Duopreneur, en devenant OBM freelance, a dépassé ce que j’avais imaginé pendant ces mois de préparation. J’ai gagné :
✅ La liberté d’organiser mes journées et de travailler à mon rythme. Tant que le travail est livré dans les temps et avec le niveau de qualité attendu, je n’ai pas à rendre de comptes sur la façon dont j’organise mes journées. Je peux prendre une journée off pour accompagner une sortie scolaire, travailler le soir ou le week-end si j’en ai envie. Je n’ai plus à demander un congé de congé pour emmener un enfant chez le docteur ou à culpabiliser si je ne peux pas me rendre au spectable de fin d’année un vendredi à 14h.
✅ Le calme : j’adore travailler seule, depuis chez moi, dans un espace que j’ai décoré et aménagé à mon goût, avec la musique que je choisis. Ça a vraiment changé mon quotidien : fini les open-space bruyants !
✅ La possibilité de travailler d’ailleurs : dans un café, dans une bibliothèque, mais aussi dans un autre pays ou encore dans ma famille en France. J’ai déjà déménagé dans deux pays depuis que je me suis lancée et cela aurait été trop compliqué de trouver un emploi sur place qui m’épanouisse autant intellectuellement, financièrement, émotionnellement.
✅ J’ai retrouvé très rapidement le niveau de revenus que j’avais en tant que cadre en entreprise en France, tout en travaillant moins d’heures. Quand j’étais uniquement OBM pour 2 ou 3 clients maximum, je travaillais environ 20 heures par semaine pour mes clients, et entre 5 à 10 heures pour développer ma propre entreprise.
✅ J’ai aussi rencontré des personnes incroyables, partout dans le monde. Pour la plupart, je ne les ai pas rencontrées physiquement, car beaucoup de ces échanges se font à distance, via Zoom ou Google Meet. Ce sont des personnes que je n’aurais jamais croisées en restant dans le même poste, la même entreprise, entourée des mêmes collègues. Ce qui me marque encore aujourd’hui, c’est la profondeur des liens qui peuvent se créer avec des personnes à l’autre bout du monde, avec qui l’on collabore parfois seulement quelques semaines ou quelques mois. C’est difficile à expliquer tant qu’on ne l’a pas vécu. J’ai rencontré de nombreuses personnes, elles aussi freelances, qui partagent des valeurs communes, un même professionnalisme, tout en ayant des parcours de vie radicalement différents du mien, et avec qui je continue d’entretenir des relations. Il arrive même que l’on se retrouve au détour d’un voyage, simplement parce que nous sommes de passage dans la même ville. Je me sens profondément reconnaissante de pouvoir faire ces rencontres grâce à mon métier.
✅ Mais surtout au cours de ces 8 années d’entrepreneuriat, j’ai grandi : j’ai dépassé des blocages, j’ai gagné en confiance, j’ai appris à me connaître. L’entrepreneuriat est une école de développement personnel incroyable.
✅ Me lancer en freelance m’a aussi permis de me reconnecter à qui je suis vraiment. J’ai retrouvé la joie d’apprendre, cette curiosité permanente qui fait partie de moi. J’ai fait la paix avec mon côté introverti, ma timidité, mon besoin de calme, mon goût pour la réflexion en profondeur. Tout ce qui pouvait être perçu comme un frein dans le salariat est devenu un atout dans mon activité.
✅ Enfin, je suis fière du modèle que je transmets à mes enfants : ma capacité à créer mes propres opportunités, à générer ma propre richesse, à assumer la responsabilité de mes choix. Me créer un travail que je peux emporter partout avec moi, au gré des déménagements, c’est rare et c’est précieux pour moi, et j’aime pouvoir montrer cet exemple, à mes enfants mais aussi à d’autres femmes que je pourrais inspirer.
Ce que j’ai perdu par rapport au salariat en devenant OBM freelance
Et comme à chaque fois qu’on choisit une voie, il faut aussi en accepter les contraintes et renoncer à d’autres avantages. J’aime énormément ma vie de freelance, mais je suis aussi réaliste sur ce que j’ai perdu en quittant le salariat.
Quitter le salariat, c’est aussi dire adieu à certaines choses très confortables :
❌ Le salaire qui tombe tous les mois, indépendamment de ton énergie, de tes résultats ou de la conjoncture.
❌ L’équipe commerciale qui s’occupe de ramener les clients et le chiffre d’affaires, sans que tu aies à prospecter, communiquer ou réseauter.
❌ La certitude. En tant qu’entrepreneure, il faut apprendre à composer avec l’incertitude : est-ce que j’aurai des clients le mois prochain ? Est-ce que mon client sera satisfait ? Est-ce que mon tarif est juste ? Cette instabilité peut être inconfortable, surtout au début.
❌ La tranquilité d’esprit. Quand tu es salariée, tu ne portes pas seule toutes les décisions stratégiques. Tu peux t’appuyer sur ton directeur, sur ton employeur, sur tes collègues pour partager la prise de décision.
❌ Le sentiment de sécurité. Cela va avec l’incertitude évoquée plus tôt, la nécessité de trouver des clients, de générer assez de revenus pour faire tourner ton entreprise (même si les frais sont limités en tant que freelance), payer tous tes frais (assurances et autres), te verser une rémunération convenable…
👉 Aujourd’hui, je dois apprendre à tout gérer dans mon entreprise : je dois trouver les clients, les convaincre, les servir. Je suis la seule décisionnaire et parfois, j’aimerais pouvoir partager le poids des décisions.
👉 J’ai connu des moments de grande solitude, particulièrement au début. J’étais à l’étranger, dans un métier encore peu connu, avec une manière de travailler à distance et en asynchrone qui n’était pas encore très répandue. Je n’avais pas de repères francophones, ni la certitude que ce que je faisais allait fonctionner.
👉 Et puis il y a cette charge mentale constante. Porter son activité, ses projets, ses décisions, ses doutes. Se demander parfois si tu feras encore cela dans dix ans, si tu construis quelque chose de durable, si une vie salariée plus stable ne serait pas, finalement, plus reposante.
Ces questions, je me les pose encore aujourd’hui. Mais à chaque fois, je me rappelle pourquoi j’ai quitté le salariat : parce que je n’étais pas heureuse, parce que mon équilibre n’était pas respecté, parce que je n’étais pas autant challengée intellectuellement et humainement. La charge mentale existait déjà, elle était simplement différente.
Finalement aujourd’hui, le plaisir que j’ai tous les matins à regarder ce que j’ai sur ma liste, à réfléchir à de nouveaux projets, à accompagner des personnes inspirantes, à faire quelque chose qui a du sens et de l’impact, ça n’a pas de prix.
Oui, j’ai perdu des choses en quittant le salariat, mais j’en ai gagné tellement, que la balance penche vraiment du côté de mon quotidien de freelance. 💛
Ce que je ferais si je me lançais en tant que freelance aujourd’hui
Aujourd’hui, j’accompagne des femmes brillantes à se lancer en tant qu’OBM freelance au sein de la Duopreneur Academy. Je leur partage avec beaucoup d’authenticité mes erreurs pour qu’elles avancent plus vite, plus loin, plus facilement.
Ce que je ferais différemment, c’est surtout m’entourer. Je ne resterais pas seule aussi longtemps. Je construirais ou rejoindrais une communauté de pairs dès le début : une communauté de femmes qui ont les mêmes ambitions, les mêmes envies que moi et qui font le même travail que moi. C’est d’ailleurs pour ça que j’ai créé la communauté Duopreneur.
Il y a aussi des choses que je referai sans hésiter, car elles m’ont permis d’en être là où j’en suis aujourd’hui :
✨ Je continuerai à me faire accompagner en coaching pour dépasser certains blocages et prendre du recul.
✨ Je ne chercherais pas à tout faire parfaitement, mais simplement à avancer.
✨ Je m’écouterais. J’ai toujours eu ce repère : “Est-ce que c’est juste pour moi ?” Parfois ça tiraille, car ce sont pas les réponses logiques ou les réponses que la société attend de toi, mais si tu sens que ça vibre en toi, écoute-toi. C’est ce qui m’a permi d’évoluer très vite, et d’être confortable avec l’idée de faire pivoter mon activité.
Conclusion
Aujourd’hui, est-ce que je referais le même choix de me lancer en tant que freelance ? Oui, mille fois oui.
Je ne dirais pas que c’est facile, mais ça peut être simple si tu es bien accompagnée, si tu as un projet qui se précise et si tu es prête à faire preuve d’audace. Ce que je retiens surtout, c’est que c’est profondément libérateur et transformateur.
💬 Dis-moi en commentaire : es-tu plutôt team salariat ou team freelance ? Et si tu hésites à te lancer dans l’entrepreneuriat, qu’est-ce qui te freine le plus aujourd’hui ?
Tu peux me répondre en commentaire, je les lis tous et te réponds personnellement. 💛
Crédit photo : Vlada Karpovich pour Pexels


