Quand on envisage une reconversion, on passe souvent beaucoup de temps à se renseigner sur le métier qui nous fait de l’œil : on regarde des vidéos, on lit des témoignages, on analyse les débouchés, on se demande si on a les bonnes compétences…
Bien sûr, tout ça est très utile. Mais à un moment, il y a une question beaucoup plus intéressante à te poser :
Comment est-ce que je peux tester ce métier dans la vraie vie, concrètement, avant d’en faire mon prochain projet professionnel ?
Parce qu’entre “sur le papier, ce métier me correspond” et “maintenant que je le connais mieux et que je l’ai expérimenté, je me vois vraiment faire ça”, il peut parfois y avoir une différence.
Tester, ça ne veut pas forcément dire exercer ce métier pendant six mois avant d’oser prendre une décision. Il existe plein de petites expériences que tu peux mener pour récolter des informations beaucoup plus concrètes sur le métier, sur le marché et, surtout, sur toi dans ce métier.
Dans cet article, je vais donc te partager 5 choses que je te conseille de tester ou d’observer avant une reconversion. Et je vais évidemment prendre comme exemple un métier que je connais particulièrement bien : celui d’Online Business Manager, ou de Duopreneur, comme j’aime l’appeler.
Il y a aussi une idée que je trouve très importante et dont je vais te parler ici : tu n’es pas obligée de penser ta reconversion comme un énorme saut dans le vide. Selon ta situation, elle peut aussi se construire progressivement, en créant tes propres preuves au fur et à mesure.
Voici les 5 terrains sur lesquels je t’encourage à aller chercher ces preuves.
1️⃣ Est-ce que le marché confirme qu’il existe un vrai besoin ?
Avant même de te demander si tu vas réussir à trouver des clients, commence par aller écouter les personnes qui pourraient avoir besoin de ton futur métier.
Et ça, tu peux le faire sans avoir quitté ton travail, sans avoir créé ton entreprise et sans avoir quoi que ce soit à vendre.
Discute avec des entrepreneurs autour de toi. Et surtout : ne cherche pas à leur vendre ton idée. Écoute-les. Laisse-les parler.
Tu peux par exemple leur demander :
- Qu’est-ce qui vous prend énormément de temps aujourd’hui ?
- Quels sont les projets que vous repoussez depuis plusieurs mois ?
- À quel endroit avez-vous l’impression d’être devenu le goulot d’étranglement de votre entreprise ?
- Qu’est-ce que vous aimeriez ne plus avoir à porter seul.e au quotidien dans votre entreprise ?
Si tu fais cet exercice en explorant le métier de Duopreneur, je peux te garantir que tu vas entendre des choses très intéressantes. À chaque fois qu’on échange avec un entrepreneur à la tête d’une petite entreprise, les mêmes problématiques ressortent : surcharge mentale, trop de temps passé à éteindre des feux opérationnels, solitude dans la prise de décision, envie d’expansion mais pas suffisamment de temps ou de compétences pour faire avancer certains projets… Vraiment, fais le test et tu verras.
Il y a aussi quelque chose que tu devrais remarquer au cours de ces discussions : à partir du moment où tu expliques ce que comprend réellement le métier d’OBM et ce qu’il peut apporter, les entrepreneurs en face de toi ont souvent des étoiles dans les yeux. Parce que tu leur ouvres le champ des possibles.
👉 Beaucoup d’entrepreneurs savent déjà qu’ils peuvent déléguer des tâches. Ils ont peut-être d’ailleurs déjà expérimenté cela avec une assistante, une community manager ou un commercial.
👉 Mais beaucoup n’ont jamais vraiment réalisé qu’ils pouvaient également déléguer des responsabilités à une personne extérieure à leur entreprise, capable de les accompagner grâce à des compétences en gestion de projet, en gestion des opérations ou encore en coordination d’équipe.
Et là, tu vas commencer à entendre des phrases comme : “Mais oui ! J’ai trois projets qui dorment dans un tiroir parce que personne n’est là pour les piloter. J’adorerais avoir une personne comme toi à mes côtés pour le faire.”
Ou bien : “Ce qui est difficile au quotidien, c’est que je suis seul.e à prendre toutes les décisions. J’aimerais tellement pouvoir échanger avec quelqu’un qui comprend mon business, qui en a une vue d’ensemble et qui peut m’aider à prioriser.”
Ou encore : “J’aurais besoin de quelqu’un qui puisse prendre ce sujet et le faire avancer sans que j’aie besoin d’être derrière en permanence. »
Ces entrepreneurs n’ont pas forcément besoin d’embaucher cinq managers à temps plein. Ils ont besoin de quelqu’un à leurs côtés, capable de prendre en charge une partie de l’opérationnel et du management de leur petite entreprise. Et c’est précisément là que le métier de Duopreneur prend tout son sens.
👉 La première preuve à aller chercher est donc celle-ci : est-ce que le problème auquel répond ton futur métier existe réellement dans le quotidien de tes futurs clients ?
Mais savoir qu’il existe un marché ne suffit évidemment pas. Parce qu’un métier peut être très demandé, comme c’est le cas du métier d’OBM / Duopreneur, mais ne pas te plaire du tout. Et ça aussi, mieux vaut le découvrir avant de tout chambouler.
2️⃣ Est-ce que tu aimes faire le travail d’OBM / Duopreneur pour de vrai ?
Il y a une énorme différence entre comprendre intellectuellement un métier et l’expérimenter.
Tu peux regarder vingt contenus sur le métier de Duopreneur et te dire : “J’adore organiser. J’aime gérer des projets. J’aime travailler avec des entrepreneurs dans les coulisses. Ça a l’air totalement fait pour moi.”
Très bien, c’est déjà un premier indicateur intéressant.
Mais maintenant, si on prend un vrai problème d’entreprise ou une vraie collaboration avec un client et que l’on observe ce qui se passe :
- Est-ce que cela va te plaire ?
- Est-ce que tu as envie de creuser, de comprendre le contexte ?
- Est-ce que tu commences naturellement à poser des questions pour aller plus loin ?
- Est-ce que tu arrives à remettre de l’ordre dans toutes les informations que l’on te donne ?
- Est-ce que tu prends plaisir à construire un plan d’action, mais aussi à rester dans les coulisses pour le déployer ?
- Est-ce que tu aimes identifier les priorités et faire en sorte qu’elles soient suivies ?
- Est-ce que tu aimes anticiper ce qui pourrait coincer ?
👉 C’est ça qu’il faut aller tester sur le terrain.
Tu peux par exemple proposer à un entrepreneur de ton entourage une mini-collaboration test, éventuellement sans facturation (à condition qu’elle soit extrêmement bien cadrée : un sujet précis, une durée précise, des responsabilités précises).
Échange avec lui sur quelque chose qui est réellement problématique dans son entreprise aujourd’hui, ou sur un projet qu’il aimerait développer, puis regarde comment tu peux concrètement lui apporter ton aide.
Le but n’est évidemment pas de travailler gratuitement pendant des mois. Il s’agit simplement de passer de l’imagination à un premier test réel.
C’est d’ailleurs exactement pour cette raison que j’organise régulièrement des immersions gratuites en ligne, qui s’appellent Dans la peau d’un.e Duopreneur. Pendant plusieurs jours, je ne me contente pas de t’expliquer théoriquement le métier : je te propose notamment un cas client sur lequel tu peux réfléchir comme tu pourrais le faire dans une vraie collaboration (si ce type d’immersion t’intéresse, pense à t’inscrire à ma liste de contacts pour recevoir les prochaines invitations en cliquant ici).
Mais les missions d’OBM / Duopreneur en elles-mêmes ne sont pas les seules choses à tester. Il y a un autre élément absolument essentiel : la posture.
3️⃣ Est-ce que tu aimes la posture que le métier d’OBM / Duopreneur exige ?
C’est un point qu’on oublie énormément dans les reconversions. On teste les missions, mais on teste rarement la posture.
Et pourtant, prendre en charge un projet pour un employeur n’implique pas la même posture que prendre en charge un projet pour un client. Il est donc aussi important de tester cette posture avant de te lancer.
Deux personnes qui savent parfaitement utiliser les mêmes outils, construire le même planning et organiser le même projet pourront avoir une expérience complètement différente du métier de Duopreneur / OBM parce qu’elles n’auront pas la même personnalité, la même posture ni la même relation avec leurs clients.
Prenons un exemple : ton client arrive avec une nouvelle idée, mais ce n’est pas la priorité. Ton rôle en tant qu’OBM / Duopreneur, c’est de questionner, d’aller chercher de l’information, de signaler qu’un projet est en difficulté et de trouver des solutions. Tout cela demande de la proactivité, de la curiosité, une bonne intelligence relationnelle et émotionnelle, un certain niveau de leadership et une bonne compréhension de la vision du client et de son écosystème.
Imagine que ton client arrive avec cette nouvelle idée et qu’il veut la lancer dans trois semaines. De ton côté, tu sais qu’avec les ressources disponibles actuellement, ce calendrier n’est pas réaliste. Tu vas donc devoir lui faire une proposition.
Ici, ce n’est pas uniquement une compétence de gestion de projet ou une expertise technique qui va t’aider. C’est une posture. Tu vas devoir être capable de :
- proposer une alternative à ton client,
- lui expliquer les difficultés potentielles d’une direction,
- lui suggérer d’autres pistes et, parfois aussi, faire preuve de flexibilité lorsque la situation l’exige.
Lorsque tu testes un métier, demande-toi donc : Est-ce que j’aime uniquement les tâches associées à ce métier ou est-ce que j’ai également envie d’occuper la place de bras droit qu’il me demande de prendre ?
Tu peux adorer organiser un planning de lancement sans aimer manager une équipe. Tu peux adorer réfléchir sans aimer challenger un client. Tu peux être excellente en gestion de projet sans avoir envie de porter la responsabilité de faire avancer plusieurs personnes sur un projet. Et ce n’est pas un problème. Mais il vaut mieux le découvrir avant d’organiser toute ta reconversion autour de ce métier.
4️⃣ Ne demande pas aux autres de prédire si toi, tu vas réussir en tant qu’OBM
Une autre manière de mieux comprendre le métier de Duopreneur est évidemment d’aller discuter avec plusieurs OBM. Mais attention : lorsque tu vas échanger avec elles, ne leur laisse pas la responsabilité de prédire si toi, tu vas réussir dans ce métier.
Demande-leur par exemple qu’elles te parlent de leur quotidien :
- Avec quels types de clients travaillent-elles ?
- Sur quels types de missions ?
- Quelles sont les compétences qu’elles mobilisent le plus ?
- À quoi ressemblent réellement leurs collaborations ?
Ces échanges sont extrêmement intéressants. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que la communauté et les échanges entre Duopreneurs occupent une place importante dans la Duopreneur Academy : les cas pratiques et les retours d’expérience des unes nourrissent énormément la pratique des autres.
Mais je veux apporter une grosse nuance à ce conseil. Tu peux tomber sur une personne qui va te dire qu’elle a essayé de devenir OBM, que cela n’a jamais vraiment marché pour elle et qu’aujourd’hui, elle n’exerce finalement pas ce métier.
Et forcément, si tu es au début de ta réflexion, tu peux ressortir de cette conversation avec une nouvelle peur (qui n’est pas nécessairement la tienne) : “Peut-être qu’il n’y a finalement pas de marché pour ce métier.”
Sauf que tu ne sais pas nécessairement ce qu’il y a derrière son résultat :
- Est-ce qu’elle a réellement essayé de développer son activité ? Pendant combien de temps ?
- Est-ce qu’elle a appris à vendre ?
- À combien de prospects a-t-elle parlé de son offre ? Et surtout, comment en a-t-elle parlé ? Uniquement à travers des livrables ou en expliquant la transformation qu’elle pouvait apporter ?
- Est-ce qu’elle a travaillé son positionnement ?
- Est-ce qu’elle est passée à l’action régulièrement ?
- Est-ce qu’elle avait réellement envie de quitter son emploi et d’embrasser pleinement toutes les responsabilités qui vont avec le fait de devenir entrepreneure ?
Tu ne sais pas ce qu’il s’est passé dans la tête et dans le quotidien de cette personne. Et ce n’est absolument pas un jugement : on peut être prise par son quotidien personnel ou professionnel, on peut avoir un blocage que l’on n’a pas encore réussi à dépasser, ou encore avoir l’impression d’avoir essayé alors qu’en réalité, on s’est arrêtée après deux “non”.
Je ne suis donc pas en train de dire que lorsqu’une personne n’a pas réussi, c’est forcément parce qu’elle n’a pas suffisamment travaillé. Je dis simplement que le résultat d’une autre personne n’est pas une donnée suffisante pour prédire le tien.
Et c’est exactement la même chose dans l’autre sens : le témoignage d’une personne qui t’explique qu’elle a trouvé trois clients en deux semaines, que tout a été très facile et qu’elle vit aujourd’hui sa « meilleure vie » ne prouve absolument pas que ce sera ton expérience non plus.
👉 Oui, parle à des personnes qui exercent le métier. Mais utilise ces conversations pour comprendre le métier d’OBM / Duopreneur, pas pour décider de ce dont TOI tu seras capable dans ce métier.
Et surtout, va chercher tes propres données : parle directement à des entrepreneurs, teste ton discours, explique ce que tu pourrais prendre en charge, observe leurs réactions : est-ce qu’ils comprennent la valeur que tu pourrais apporter ? Est-ce que certaines conversations commencent à se transformer en opportunités ? Est-ce que tu arrives progressivement à identifier à qui tu peux être utile et pourquoi ?
Parce que la meilleure façon de tester s’il existe une place pour toi n’est pas de demander à quelqu’un d’autre s’il a trouvé la sienne. C’est de commencer à chercher la tienne. ✨
Et bonne nouvelle : tu n’as pas nécessairement besoin de démissionner pour commencer.
5️⃣ Tu n’es pas obligée de tout quitter pour tester le métier d’OBM / Duopreneur
Je pense qu’on présente parfois la reconversion de manière beaucoup trop binaire :
- D’un côté, tu aurais ton CDI, ton salaire, ta sécurité.
- Et de l’autre : “Ça y est, je me lance : je démissionne, je crée mon entreprise, j’ai un nouveau métier, des nouveaux clients…” Tout ça en même temps.
Mais entre les deux, il existe énormément de nuances, qui doivent surtout être adaptées aux circonstances de chacune.
Évidemment, si tu es salariée, la première chose à faire est de vérifier ce que tu as légalement et contractuellement le droit de faire dans ta situation : ton contrat de travail, les éventuelles clauses de non-concurrence qui peuvent s’appliquer, les règles liées au cumul d’activités… Et bien sûr, effectuer les démarches nécessaires avant de démarrer quoi que ce soit.
Et lorsque ta situation le permet, ta transition peut être progressive. Tu peux commencer à :
- te former alors que tu es encore salariée et monter progressivement en compétences sur le métier,
- parler avec des entrepreneurs,
- faire tes premiers appels exploratoires,
- travailler sur des collaborations tests,
- construire ton positionnement,
- et éventuellement, avoir une première mission en parallèle de ton activité salariée.
Ensuite, peut-être que ton organisation évoluera. Peut-être que tu réussiras à libérer une journée par semaine consacrée à ton activité, puis davantage.
Et à chaque étape, tu récupères des preuves et des informations sur toi :
- Est-ce que j’aime vraiment faire ce métier ?
- Est-ce que j’aime travailler avec des entrepreneurs ?
- Est-ce que je suis à l’aise dans cette posture de bras droit stratégique et opérationnel ?
- Est-ce que j’arrive à créer des opportunités ?
- Est-ce que j’ai envie de développer davantage cette activité ?
Petit à petit, ta décision de quitter ou non ton emploi ne repose plus uniquement sur une projection : elle commence à reposer sur du réel. Et pour moi, c’est la meilleure manière de tester une reconversion.
Le but n’est pas de supprimer toute incertitude avant même d’avoir avancé, parce que ce n’est tout simplement pas possible. Le but, c’est d’avancer suffisamment pour réduire progressivement une partie de cette incertitude. ✨
Conclusion
Si le métier de Duopreneur / OBM fait justement partie des pistes que tu explores aujourd’hui, c’est exactement la philosophie que j’ai avec la Duopreneur Academy. On travaille bien sûr le métier, les compétences et les méthodologies, mais aussi ton positionnement, ton offre, la vente, la recherche de clients et la manière de construire ensuite de vraies collaborations avec eux.
Et surtout, tu es accompagnée dans cette transition. Tu es conseillée et orientée dans ta réflexion sur le métier, le marché, ton positionnement ou encore tes premiers échanges avec des entrepreneurs. Cela te permet d’aller chercher tes propres preuves, avec un cadre et un accompagnement pour avancer plus sereinement.
💬 Et j’aimerais terminer avec une question : Aujourd’hui, qu’est-ce qui te manque encore pour réellement tester le métier de Duopreneur ?
Dis-le-moi en commentaire, parce que ça m’intéresse vraiment de savoir où tu en es dans ta réflexion.
Et si cet article t’a été utile, n’hésite pas à le partager à une femme qui, elle aussi, réfléchit peut-être à sa prochaine vie professionnelle.
À très vite !
Crédit photo : Valeriia Boiko

