Tu peux être hyper organisée, maîtriser Notion, Airtable, ClickUp, Make, Claude Cowork, savoir construire des process, suivre des projets… Et malgré tout, ne jamais vraiment devenir le bras droit de ton client : celui à qui il ne confie pas seulement des tâches d’exécution, mais aussi des responsabilités, des projets entiers à superviser ou encore un back-office complet à structurer.
Il y a en effet une partie du métier d’Online Business Manager (OBM) ou Duopreneur, qu’on voit beaucoup moins dans les fiches de mission et dans les contenus que l’on trouve sur Internet.
Ce sont ce que j’appelle les compétences invisibles : celles qui font qu’un entrepreneur ne te considère plus seulement comme quelqu’un à qui il confie des sujets, mais comme quelqu’un avec qui il peut réellement copiloter son entreprise.
Dans cet article, j’ai envie de te partager 5 de ces compétences invisibles. Et surtout, de te montrer très concrètement à quoi elles ressemblent dans une collaboration en tant qu’OBM avec ton client, parce que ce sont souvent elles qui font toute la différence.
Avant de commencer : c’est quoi un bras droit, au juste ?
Avant d’entrer dans le détail de ces compétences, j’ai envie de préciser ce que j’entends lorsque je parle de bras droit.
Le terme de bras droit est devenu un peu un mot fourre-tout. On l’utilise aujourd’hui pour parler de réalités et de métiers très différents, si bien qu’on ne sait plus toujours exactement ce qu’il y a derrière.
Pour moi, être le bras droit d’un entrepreneur, ce n’est pas cocher une liste de tâches chaque jour. C’est avant tout la place que tu occupes à ses côtés.
C’est devenir une personne de confiance qui s’inscrit dans une relation de collaboration sur le long terme, qui connaît suffisamment bien l’entrepreneur, son entreprise, son équipe, ses priorités et sa manière de fonctionner pour véritablement porter le business avec lui.
Tu deviens en quelque sorte :
🧠 son deuxième cerveau, pour partager sa charge mentale et réfléchir avec lui au développement de son entreprise,
👀 une deuxième paire d’yeux, capable de voir ce qu’il ne voit plus toujours,
👂 une deuxième paire d’oreilles, qui capte ce qui se passe dans l’équipe et dans le business.
👐 et enfin, une deuxième paire de mains pour transformer les décisions en actions concrètes.
C’est donc bien plus qu’une étiquette. C’est vraiment un rôle à la fois opérationnel et stratégique, et un rôle primordial à côté de ton client.
Dans la réalité d’une entreprise, on n’a pas d’un côté, l’opérationnel et, de l’autre, la stratégie. Les deux sont constamment imbriqués. Et toi, en tant que bras droit, tu es suffisamment présente dans l’opérationnel pour savoir ce qui se passe réellement sur le terrain, mais tu es aussi capable de prendre de la hauteur pour aider ton client à prioriser, anticiper, arbitrer et prendre de meilleures décisions.
👉 C’est véritablement un rôle de copilote et de partenaire.
Et ce qui est intéressant, c’est que cette place ne se décrète pas. Ton client ne va pas te considérer comme son bras droit simplement parce que tu as écrit “bras droit” sur ton site internet ou dans ton offre. Cette place se construit dans la collaboration. Et elle se construit notamment grâce à des compétences beaucoup moins visibles que la maîtrise d’un outil ou d’une méthodologie.
Entrons donc maintenant dans le détail de ces 5 compétences invisibles.
1️⃣ Ne pas seulement recevoir l’information : savoir la questionner
La première compétence invisible, c’est de savoir questionner ce que l’on te donne.
Imagine que ton client te dise : “Il faudrait vraiment qu’on mette en place un nouveau CRM.”
Tu pourrais parfaitement prendre le sujet, comparer trois outils, organiser la migration et gérer le projet. Et je suis sûre que le travail serait très bien fait.
Mais la posture de bras droit commence souvent une étape avant, avec des questionnements. Tu vas te demander :
- Pourquoi est-ce qu’on veut changer de CRM ?
- Quel problème cherche-t-on réellement à résoudre ?
- Est-ce que le problème vient de l’outil actuel ou de la manière dont l’équipe l’utilise ?
- Qu’est-ce que ce changement d’outil doit concrètement améliorer dans l’entreprise ?
Et parfois, après quelques minutes de discussion, tu réalises que le problème n’était absolument pas le CRM. Peut-être que l’outil déjà en place est toujours parfaitement adapté, mais qu’il est simplement mal utilisé. Ou peut-être que la première étape n’est pas du tout d’installer un nouvel outil, parce que cela ne ferait qu’ajouter une couche de complexité supplémentaire alors qu’il faudrait d’abord simplifier, structurer et optimiser.
J’ai d’ailleurs choisi cet exemple parce qu’il n’est pas anodin : plusieurs OBM débutantes que j’accompagne au sein de la Duopreneur Academy ont déjà rencontré exactement cette situation avec leurs clients.
Et tu vois, c’est ce questionnement qui fait la différence. Il ne s’agit pas de contester ton client pour le plaisir de contester, ni de remettre systématiquement ses idées en question. Il s’agit de ne pas prendre automatiquement la demande exprimée pour le besoin réel.
Cette capacité devient extrêmement précieuse pour un entrepreneur, parce qu’il n’a pas seulement besoin de quelqu’un qui fait avancer les sujets, il a aussi besoin de quelqu’un qui l’aide à mieux réfléchir à son entreprise et à mieux concrétiser sa vision. ✨
2️⃣ Développer une vision périphérique du business
Un bon bras droit ne regarde jamais uniquement le sujet qu’il a sous les yeux. Il regarde aussi tout ce qu’il y a autour.
Prenons un exemple : ton client veut lancer un nouveau projet. Et on les connaît, nos clients entrepreneurs : ils ont souvent beaucoup de nouvelles idée (et heureusement, parce que cela nous donne aussi de beaux projets à mener avec eux 😉).
Sur le papier, cette nouvelle idée est excellente.
Mais toi, tu sais que :
- son équipe est déjà à saturation,
- un autre projet important doit sortir trois semaines plus tard,
- le support client commence à montrer des signes de tension,
- et qu’une personne clé de l’équipe sur ce projet-là sera absente pendant une partie du lancement.
Pris individuellement, aucun de ces éléments n’est forcément alarmant. Mais ton rôle consiste justement à être capable de connecter les points.
Tu peux par exemple dire à ton client : “OK, on peut lancer. Mais si on lance à cette date, voilà les conséquences que j’anticipe. Est-ce qu’on les accepte ? Est-ce qu’on décale ? Est-ce qu’on réduit le périmètre ?”
Tu vois la nuance ? Tu ne décides pas à la place de l’entrepreneur, ce n’est pas ton rôle en tant que bras droit. En revanche, tu lui permets de prendre une meilleure décision parce que tu es capable de voir ce que cette décision va entraîner ailleurs dans le business.
Ton client, par exemple, ne sait pas forcément que pour lancer ce projet, il faudra prévoir 30 heures de coordination et 60 heures de production. Toi, parce que tu connais l’entreprise, son équipe et les différents projets en cours, tu peux l’aider à mesurer ce que cette nouvelle idée implique réellement.
C’est ça, avoir une vision globale du business.
👉 Et c’est aussi pour cela que le métier d’Online Business Manager / Duopreneur demande bien plus que de savoir gérer des projets. Progressivement, tu dois apprendre à découvrir une entreprise dans tous ses recoins.
3️⃣ Ne pas seulement faire remonter les problèmes : arriver avec une réflexion
Cette troisième compétence invisible peut réellement transformer une collaboration : il s’agit de ne pas simplement déposer les problèmes sur le bureau de ton client.
En tant qu’OBM, tu es là pour identifier les problèmes, puis pour apporter des solutions. Pas pour transmettre la patate chaude au suivant sans avoir commencé à la traiter. 😉
Imagine que tu découvres qu’un projet risque de prendre deux semaines de retard. Ce n’est d’ailleurs pas quelque chose d’exceptionnel : il y a parfois des dérives dans les projets et cela fait partie de la réalité du métier.
👉 Tu peux arriver auprès de ton client en disant :
“On a un problème. Le projet va être en retard. Qu’est-ce qu’on fait ?”
👉 Ou bien, tu peux lui dire :
“On risque d’avoir deux semaines de retard. J’ai regardé ce qui bloque et on a trois possibilités pour limiter les conséquences : réduire le périmètre, décaler la sortie ou réallouer telle ressource pendant une semaine. Voilà celle que je privilégierais et pourquoi. Qu’est-ce que tu en penses ?”
Dans les deux cas, le problème est exactement le même, mais l’expérience vécue par ton client est complètement différente :
- Dans le premier cas, tu lui transmets une information et, avec elle, toute la charge de trouver la solution.
- Dans le deuxième, tu prends ta part de responsabilité dans la réflexion, et tu es un véritable bras droit pour ton client.
Cela ne signifie pas que tu dois avoir réponse à tout, ni que tu dois prendre toutes les décisions à la place de ton client ou arrêter de le solliciter. Cela signifie simplement que lorsqu’un problème arrive jusqu’à lui, il a déjà été réfléchi.
Je t’encourage vraiment à toujours avoir au minimum deux solutions à proposer lorsque tu remontes un problème à ton client. Pas nécessairement deux solutions parfaites, ni même celle qui sera finalement choisie, mais au moins deux pistes qui permettent d’ouvrir la discussion.
Et tu peux d’ailleurs aussi progressivement instaurer cette exigence auprès des membres de l’équipe que tu coordonnes : lorsqu’une personne vient te voir avec un problème, elle peut elle aussi commencer par réfléchir à deux solutions possibles.
👉 Pour un entrepreneur qui prend déjà des dizaines de décisions chaque jour et qui peut subir une vraie fatigue mentale, cette troisième compétence est extrêmement précieuse.
4️⃣ Savoir challenger sans prendre la place du dirigeant
On arrive maintenant à une compétence qui demande énormément de finesse.
Parce qu’être bras droit ne signifie pas dire oui à tout (et oui, même pour toi qui aimes faire plaisir 😉). Mais cela ne signifie pas non plus devenir la personne qui pense savoir mieux que le dirigeant comment gérer sa propre entreprise.
Cette posture n’est pas simple à adopter au début, mais tu vas être de plus en plus juste au fur et à mesure de ton expérience.
Imaginons que ton client arrive un lundi matin avec une nouvelle idée. Il est ultra enthousiaste et veut la mettre en place tout de suite. Et toi, tu sais qu’il y a déjà six projets en cours (parce qu’il ne faut pas oublier que nos clients sont souvent des visionnaires créatifs !).
Ton rôle n’est pas forcément de lui dire que son idée est mauvaise ou de poser immédiatement ton veto. Ton rôle peut simplement être de l’aider à arbitrer entre ses priorités.
Tu peux par exemple lui dire : “Oui, si on décide de faire ça maintenant, lequel de nos projets actuels devient moins prioritaire ?”
C’est ce que j’appelle la technique du “Oui, si…”. Elle te permet d’éviter de dire un “non” frontal, parfois difficile à prononcer pour toi et à recevoir pour ton client. Cette question est puissante parce que tu ne bloques pas son idée. Tu l’aides à regarder l’arbitrage qu’elle implique.
Et c’est souvent à ce moment-là que la relation commence vraiment à évoluer. Ton client comprend que tu n’es pas là pour acquiescer à chacune de ses décisions, mais il comprend également que tu n’es pas là pour prendre le contrôle de son entreprise : c’est l’équilibre parfait.
👉 Tu es là pour apporter un deuxième cerveau au business.
5️⃣ Comprendre ce dont ton client a besoin avant même qu’il te le demande
Il s’agit là de développer l’anticipation, ou la proactivité.
Il ne s’agit évidemment pas d’avoir un sixième sens et de réussir à lire dans la tête de ton client (crois-moi, ça, j’ai déjà essayé et ça n’a pas marché ! 😉).
Il s’agit plutôt de prêter attention aux détails et de repérer progressivement ce qui peut être fait avant que ton client ait besoin de te le demander.
Au début d’une collaboration, ton client va forcément beaucoup t’expliquer beaucoup de choses : son fonctionnement, ses priorités, son équipe, ses habitudes et ses contraintes.
Puis, progressivement, quelque chose doit changer. Tu vas commencer à connaître suffisamment bien son entreprise pour voir arriver certains besoins :
- Tu sais qu’un lancement approche et que l’équipe va avoir besoin d’un brief : comme tu sais qui fait quoi dans l’équipe, tu peux l’anticiper.
- Tu remarques qu’une décision n’a toujours pas été prise et qu’elle risque de bloquer deux personnes la semaine suivante : tu mets donc le sujet sur la table.
- Tu vois qu’une réunion hebdomadaire n’apporte plus vraiment de valeur et tu proposes de modifier son fonctionnement.
- Tu comprends qu’un sujet doit être remonté maintenant plutôt que dans quinze jours et tu provoques un temps d’échange avec ton client.
En faisant cela, tu vas voir qu’un jour, ton client va te dire quelque chose comme : “Mais c’est fou, j’allais justement t’en parler !”
Cela peut paraître anodin. Mais pour moi, c’est un énorme marqueur. Parce qu’à ce moment-là, tu n’es plus uniquement en train de réagir au business. Tu commences à l’anticiper.
✨ Et c’est là que la notion de bras droit, et surtout de duo que tu formes avec ton client, prend réellement tout son sens.
Ces compétences se développent aussi avec l’expérience
Si tu es en train de découvrir le métier de Duopreneur / OBM ou que tu débutes dans cette activité, j’aimerais vraiment que tu retiennes quelque chose :
Tu n’as pas besoin d’avoir parfaitement développé toutes ces compétences dès ton premier client.
- Une partie s’apprend : tu peux te former, acquérir des méthodologies et monter progressivement en compétences sur le métier.
- Mais une grande partie va aussi s’expérimenter au contact des clients, des situations auxquelles tu vas être confrontée. Tu vas devoir faire des arbitrages, et accepter de te tromper parfois, car cela fait aussi partie du chemin.
Et c’est justement là qu’il existe un énorme raccourci possible : tu peux apprendre tout cela seule, au fil de tes expériences, et mettre plusieurs années à comprendre certaines subtilités du métier. Ou bien tu peux te mettre beaucoup plus rapidement dans le bain en étant entourée d’autres Online Business Managers qui vivent déjà ces situations au quotidien.
T’entourer d’autres OBM / Duopreneurs te permettra :
- d’apprendre à décortiquer plus rapidement une situation client,
- d’entendre comment une autre OBM aurait réagi face à cette situation,
- de comprendre pourquoi, dans telle situation, on challenge son client et pourquoi dans une autre, ce n’est pas pertinent,
- d’apprendre à poser les bonnes questions, à anticiper et à prendre ta place sans dépasser ton rôle.
👉 C’est aussi comme cela que tu développes toutes ces compétences dont on parle finalement assez peu, mais qui font une énorme différence lorsque tu te retrouves face à un vrai client.
Et c’est une dimension que j’ai vraiment voulu intégrer à la Duopreneur Academy. Tu y apprends évidemment les compétences métier et les méthodologies nécessaires pour devenir OBM. Mais tu n’es pas seule dans ton coin avec des vidéos à regarder. Tu entres aussi dans une communauté de Duopreneurs, avec des femmes qui sont à différentes étapes de leur activité, et tu es confrontée beaucoup plus rapidement à la réalité du métier.
À mes yeux, c’est l’une des meilleures façons de raccourcir ta courbe d’apprentissage. Parce qu’au lieu d’attendre d’avoir personnellement vécu 50 situations différentes pour apprendre 50 réponses différentes, tu peux aussi apprendre de celles qui ont déjà traversées ça avant toi. ✨
Conclusion
Si tu découvres le métier de Duopreneur / OBM et que tu te demandes comment passer de la théorie à tes premières collaborations, c’est exactement pour cela que j’ai créé la Duopreneur Academy.
On y travaille les compétences métier et les méthodologies, mais aussi ton positionnement, ta posture, la manière de construire ton offre, de parler de ce que tu fais, de vendre ton expertise et de démarrer concrètement ton activité.
Parce qu’apprendre à être Duopreneur est une chose, mais réussir à prendre sa place comme bras droit de confiance sur le marché en est une autre. ✨
Tu peux retrouver toutes les informations sur la Duopreneur Academy en cliquant ici.
💬 Et maintenant, j’ai une question pour toi :
Parmi les 5 compétences que je viens de te présenter (questionner, avoir une vision globale, proposer des solutions, challenger avec justesse et anticiper) laquelle te semble aujourd’hui la plus difficile à développer ?
Dis-le-moi en commentaire. Je lis les réponses, et cela me permet de savoir quels sujets approfondir dans mes prochains contenus.
Et si cet article t’a aidée à mieux comprendre ce qui se joue réellement derrière le métier de Duopreneur / OBM, n’hésite pas à le partager à une femme qui réfléchit elle aussi à se reconvertir ou à se professionnaliser dans ce métier.
À très vite !
Crédit photo : izusek de Getty Images Signature

